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Avec l’évolution fulgurante d’outils tels que ChatGPT, Gemini ou Claude, la tentation d’automatiser ses estimations immobilières avec l’IA est grande. Toutefois, peut-elle remplacer le modèle d’évaluation automatisé (AVM) ? Pour répondre à cette question, Yanport a mis Gemini et Claude à l’épreuve. Et si l’intelligence artificielle n’est pas dénuée d’intérêt, attention à ne pas la surestimer !
L’AVM contre Gemini et Claude
Depuis son lancement en septembre 2014, l’application Yanport rassemble les données du marché immobilier et se sert des récentes avancées en big data afin d’optimiser le travail au quotidien des pros de l’immobilier. Pour ce faire, elle leur propose cinq solutions sur l’immobilier résidentiel, de l’analyse de marché à l’estimation de valeur locative en passant par l’investissement immobilier.
Pour son expérience, Yanport a comparé les performances de son AVM à celles de deux LLM (Gemini 3.5 Flash et Claude Opus 4.8) sur 1071 biens, en leur fournissant les mêmes informations. Pour chaque bien, il a été demandé au LLM d’estimer le prix de vente, un intervalle à 80 % ainsi qu’une note explicative.
Une tendance à la surévaluation et à l’absence de nuance
Que peut-on retenir de ce test ? Tout d’abord, que l’AVM de Yanport présenterait de meilleures performances que les LLM, avec une distribution des erreurs plus serrée et une médiane plus faible. En termes de chiffres, cela représente une erreur absolue médiane de 10,5 %, alors que celles de Gemini 3.5 et Claude Opus 4.8 sont respectivement de 15,0 % et 15,3 %. Et quand l’estimation rate la cible, l’IA est aussi bien plus mauvaise : le 90ème percentile est à 44% et 48% d’erreur pour les deux LLM testés, contre 30% pour l’AVM.

Du côté des LLM, ceux-ci auraient une tendance marquée à surestimer la valeur des biens alors que l’AVM de Yanport a une très légère tendance à la sous-évaluation. En d’autres termes, l’AVM analysé serait plus fiable, précis et constant. Et cela a de vraies conséquence : quand l’AVM parvient à placer 72% des biens dans l’intervalle de confiance à 80%, les LLM n’y parviennent que pour 34% et 39% des biens.
Comment expliquer un tel résultat ? Il est pertinent de préciser qu’un AVM est entraîné à donner la même estimation pour un même ensemble de caractéristiques. Dans le cas d’une IA générative, celle-ci ne donne pas la même réponse à la même question, mais offre souvent une réponse assez crédible pour ne pas être questionnée. Ainsi, il n’est pas étonnant que l’IA génère une forte variation d’estimations pour un seul bien, après avoir reçu 15 fois le même prompt d’estimation.
Une autre explication se trouve dans la capacité de l’IA à nuancer. Habituellement, une estimation immobilière repose sur des critères standards comme la surface et la localisation, mais aussi sur des signaux plus subjectifs, par exemple un potentiel d’agrandissement. Avec un prompt neutre, il y a de fortes chances que le LLM ignore les critères qualitatifs.
Deux solutions complémentaires ?
Toutefois, l’IA générative possède une grande force : celle de fournir des explications textuelles fluides et crédibles aux estimations. Aux yeux de Yanport, l’AVM et LLM ne s’opposent pas, mais se complètent. Et avec l’ajout d’une méthode d’extraction par le deep learning, qui permet de traduire des photos en données (ex. : présence d’un balcon, travaux récents), l’entreprise développe un outil complet pour les pros de l’immobilier.
En résumé, lorsqu’utilisée seule pour faire une estimation immobilière, l’IA n’est pas forcément efficace. Mais bien cadrée, elle devient une assistante pertinente pour le professionnel réalisant l’estimation.
Une conclusion qui rejoint nos propres observations sur l’intelligence artificielle. Celle-ci constitue un outil redoutable que les agents immobiliers doivent apprivoiser pour faire évoluer leurs techniques, mais il serait peu avisé de lui déléguer purement et simplement le travail qui vous permet de prouver votre expertise. Nous vous invitons à suivre la formation « Maîtriser Claude : exploiter l’IA pour automatiser et optimiser son activité immobilière » disponible sur Le Campus pour en apprendre plus sur le sujet.
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