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En 2014 au Palais Brongniart, le premier Salon Rent accueillait 40 exposants et 400 visiteurs. Douze ans plus tard, il attend 400 exposants, une centaine de start-ups et 12 000 à 13 000 visiteurs professionnels. Si le RENT s’est imposé comme le grand rendez-vous B2B de l’industrie immobilière, c’est parce que l’innovation est au cœur de l’ADN du marché immobilier. Alors, à moins d’un mois de l’édition 2026, on a voulu receuillir le regard de son directeur, Stéphane Scarella, sur la place de l’innovation dans l’immobilier en 2026. Il a accepté de nous ouvrir les coulisses du salon et nous livre les tendances qui vont transformer le quotidien des professionnels.
L’événement incontournable de l’innovation immobilière
Depuis ses débuts, la promesse du salon RENT n’a pas changé : mettre l’innovation sur scène. Le RENT est né en pleine digitalisation d’un secteur alors en retard sur la question. SI année après année les enjeux ont changé, la nécessité d’accompagner les acteurs de l’innovation et de créer d’inspirer les professionnels est resté.
Le salon s’est donc construit comme un triptyque réunissant les jeunes entreprises, les fonds d’investissement et les industriels de l’immobilier. Cela permet notamment aux premières de rencontrer les seconds et les troisièmes, c’est-à-dire leurs financeurs et leurs clients potentiels.
« Il manquait un tiers de confiance, un tiers de neutralité », résume Stéphane Scarella. D’un côté, l’industrie immobilière traditionnelle et toute sa chaîne de valeur. De l’autre, l’univers des start-ups. Deux mondes qui ne partageaient ni les mêmes codes ni le même dress code, et qui ont fini par comprendre qu’ils avaient besoin l’un de l’autre.
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Passer de l’innovation brute au produit raffiné
Plus de 1 000 start-ups sont passées par le RENT. Combien sont encore debout deux ou trois ans plus tard ? « 10 %, 15 %, c’est à peu près ça la jauge. Et encore, c’est sympa ! », estime Stéphane Scarella.
C’est le problème principal des innovateurs. L’idée est souvent brillante, le financement parfois au rendez-vous, mais l’usage ne suit pas. Des entreprises ayant levé beaucoup d’argent ont fini par s’écraser. Non pas faute de bonne idée ou d’exécution, mais parce que leur solution ne répondait pas concrètement au quotidien d’un professionnel.
Pour naviguer autour de cet écueil, les startups innovantes doivent aller se confronter au réel de l’immobilier : parler à des professionnels de terrain, challenger leurs fonctionnalités auprès des experts logiciels et des portails immobiliers, … Bref, trouver le cas d’usage qui transforme une innovation sympa en produit avec une réelle demande marché.
Inspirer les professionnels de l’immobiliers et attiser leur curiosité pour l’innovation
Stéphane Scarella en est convaincu : la majorité des visiteurs viennent d’abord pour les conférences. Un comité éditorial se réunit donc dès janvier pour identifier les sujets qui vont bousculer le quotidien des professionnels dans un futur proche. L’équipe part ensuite à la recherche des meilleurs spécialistes, français ou internationaux. Il y a deux ans, le salon est d’ailleurs passé de deux grandes scènes à une seule, pour être plus sélectif sur les contenus.
L’IA est le grand sujet du secteur depuis trois ou quatre ans. Stéphane Scarella la replace dans une histoire plus longue de la digitalisation du secteur. Passé la découverte initiale et le constat que cette technologie va effectivement révolutionner les pratiques des professionnels de l’immobilier, se pose la question de comment intégrer concrètement cette outil dans son organisation.
Pour Stéphane : « IA = IA », pour Intelligence Artificielle = Immobilier Augmenté. Autrement dit, un professionnel, adopter l’IA revient à recruter un nouveau collaborateur. C’est une promesse avec beaucoup de potentiel, mais il faut aussi le former et lui donner les bons outils, adaptés à son métier.
C’est précisément là que le bât blesse. « On met des licences Claude à tout le monde, on branche ChatGPT… et qu’est-ce qu’on fait après ? » Distribuer des abonnements sans former les équipes mène, selon lui, à des désillusions et à des risques de fuite de données. Et c’est justement les sujets qui commencent à émerger dans les boîtes.
Les nouveaux chantiers de l’innovation pour 2026
Avec la légitimité obtenue par l’intelligence artificielle et l’accroissement de son usages dans toutes les entreprises, de nouvelles problématiques sont apparues :
- La cybersécurité et la souveraineté des données. Confier des données RH, de facturation ou de mandats à une IA sans savoir où elles partent n’est plus envisageable, surtout après les piratages récents. L’enjeu de maîtrise de la donnée est aussi européen.
- Le passage du SEO au GEO (Generative Engine Optimization). La recherche immobilière a changé avec la démocratisation de l’IA. Le porteur de projet ne tape plus quelques mots-clés en fin de processus décisionnel : il discute longuement avec ChatGPT ou Gemini, raconte son projet familial, ses envies de déménagement. La recherche devient conversationnelle et intentionnelle. Pour le professionnel, l’enjeu est d’être cité par ces modèles. Les règles du jeu ne sont plus celles du référencement classique.
- L’IA vocale. Un prospect qui cherche un bien un samedi à 21 h veut une réponse immédiate. La voix et le conversationnel permettent de capter ces leads au moment où ils se présentent.
- Les agents qui pilotent des agents. Des IA qui en coordonnent d’autres, selon les tableaux de bord et les priorités du dirigeant. Il y a encore quelques mois, ces outils n’existaient pas sous une forme accessible. Ils arrivent aujourd’hui sans exiger de compétences en code.
Mais il n’y a pas que l’IA qui apporte des nouveautés ! Le salon RENT le sait bien et adresse également les nouvelles problématiques métiers. Cette année par exemple, on ne passera pas à côté de la fin du démarchage téléphonique qui sera un vrai sujet de cette édition. Bref, les fondamentaux restent, mais l’IA transforme chacune de ces briques.
Passer de l’inspiration à la concrétisation
Découvrir de nouvelles innovations, c’est très bien et très inspirant. Mais si le professionnel ne sait pas quoi en faire concrètement une fois de retour dans son agence immobilière, cela ne sert pas à grand chose.
Le Salon RENT a toujours tenter d’adresser ce sujet, avec un mix de conférences et d’ateliers pratiques. Mais désormais, il essaie d’aller encore plus loin avec la RENT Academy. L’objectif est d’accompagner sur le salon les professionnels qui se demandent comment on peut intégrer de nouveaux outils ou de nouvelles pratiques dans leurs process. Pour faciliter le passage de l’envie d’innover à une transformation concrète des pratiques. IA, vente avec l’IA, branding, GEO… les nouveaux usages sont à la portée de tous.
Conclusion
Douze ans après ses débuts au Palais Brongniart, le RENT garde le même ADN : l’innovation. Mais le rythme a changé. Là où la digitalisation laissait aux professionnels le temps de s’adapter, l’IA impose de se former maintenant, avec méthode et en gardant la maîtrise de ses données. Stéphane Scarella le résume sans détour : face à une révolution, soit on l’embrasse, soit on reste sur le bord de la route. Rendez-vous les 4 et 5 novembre pour choisir votre camp. L’équipe Immo2 sera, comme chaque année, de la partie.
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