Au cours de l’année 2020, les professionnels de l’immobilier auront connu deux confinements. Une situation inédite qui a laissé place à la sidération, puis à l’adaptation. Le premier confinement a, sans aucun doute, donné le coup d’envoi à la dématérialisation de la transaction. Parmi les domaines qui ont dû complètement se réinventer, on pense forcément à la visite physique, remplacée momentanément par la visite virtuelle. Neuf mois après le premier confinement, nous avons voulu connaître l’impact de la première quarantaine sur l’usage de la visite virtuelle ainsi qu’à son avenir post-COVID. Comment s’est imposé ce format de visite à distance? Va-t-il remplacer la visite physique? Nous sommes allés à la rencontre de Nodalview, et notamment de son fondateur, afin qu’il nous partage sa vision.

Plus de 6 mois après le confinement, quel bilan tirez-vous de la COVID?

Thomas Lepelaars Ceo Nodalview

Nous avons eu des effets très positifs sur l’utilisation de nos outils. La crise sanitaire a clairement accéléré l’adoption d’outils digitaux dans l’immobilier. Ce qui aurait mis 3 ans à arriver s’est déroulé en quelques mois. 

Les agents immobiliers se sont emparés des nouvelles technologies et des outils digitaux que nous proposons en réaction à un besoin direct. Mais on se rend compte que ce n’est pas uniquement une tendance à court terme. Au contraire, le nombre d’utilisateurs de Nodalview ne diminue pas depuis la fin du premier confinement et les demandes continuent d’affluer.

On voit que cette tendance s’ancre dans le paysage immobilier. Les professionnels du secteur se rendent compte de l’intérêt d’utiliser une solution comme Nodalview. Nous leur faisons gagner en efficacité et en temps. Nous les aidons à développer leur business et à obtenir davantage de mandats. C’est aussi une demande de la part des acquéreurs, qui deviennent plus exigeants et connectés. Ils ont envie d’une meilleure expérience client et c’est ce que Nodalview permet via la visite virtuelle et la visite guidée à distance, par exemple.

Avec les restrictions sanitaires, avez-vous enregistré une augmentation des « demandes » de visites virtuelles?

La visite virtuelle est devenue pendant quelques semaines une sorte de bouée de sauvetage pour beaucoup de professionnels, qui se sont retrouvés confinés. En l’espace de quelques semaines, nous avons dû absorber des demandes 5 à 6 fois supérieures à la normale. 

Pour vous donner un ordre d’idées, les recherches sur Google liées au mot-clé « visite virtuelle » ont fait un bon de + 600 %. Même si, à partir de juillet, la demande est redescendue, on note tout de même que petit à petit, cet outil s’ancre vraiment dans les habitudes des agents. Depuis le second confinement qui a été remis en place, nous recevons à nouveau un nombre de demandes qui n’arrête pas d’augmenter. 

Quel est l’enjeu pour les acteurs de la visite virtuelle dans les prochains temps?

Notre enjeu est véritablement de montrer aux agents qu’il existe des outils, comme la visite virtuelle, qui leur permettent de continuer de travailler et de commercialiser leur bien même en cette période difficile. Adapter sa façon de travailler au nouveau parcours client est possible. Les derniers mois l’ont bien montré. 

On voit également que les visites et les rendez-vous physiques sont souvent les premiers remis en cause par les mesures sanitaires. Avec Nodalview, ce que nous voulons, c’est que ces restrictions ne soient plus une raison pour l’agent immobilier de cesser son activité. Au contraire même, nous pensons que cela peut l’aider à l’accroître.

Selon vous, peut-on envisager que la visite virtuelle suffise à provoquer un achat?

Non. Pour nous, la visite virtuelle est complémentaire à la visite physique. Elle se place en amont de celle-ci sur le parcours client et permet aux agents de gagner en temps et en efficacité. L’agent peut désormais qualifier son client au préalable, mais aussi éviter des déplacements parfois épuisants. Avec la visite virtuelle, l’agent peut choisir et se concentrer sur des rendez-vous physiques uniquement avec ses clients ayant un fort potentiel d’achat.

La crise sanitaire actuelle change néanmoins un peu ce fonctionnement. Les visites virtuelles deviennent véritablement un moyen de continuer à organiser des visites.

Avez-vous vu des statistiques particulières pendant et à l’issue de cette période?

On voit véritablement un boom des demandes concernant la visite virtuelle et cela autant du côté des agents que de celui des consommateurs. Si on regarde le nombre de recherches réalisées par les agents et les acquéreurs sur Google, on voit une véritable hausse durant le premier confinement. Le nombre de recherches a été multiplié par 10 par rapport aux mois précédents. 

Ce qui est également intéressant, et qui a été mis en avant par une étude de SeLoger, c’est le temps gagné par un agent utilisant la visite virtuelle. Les propriétés se vendent cinq fois plus vite, soit un délai de vente raccourci de 21 jours en moyenne. Les nombreux retours de nos clients nous confirment vraiment ces différents avantages qu’apporte la visite virtuelle. Que ce soit en termes de gain de temps, mais aussi d’augmentation de la qualification des candidats à une vente. La visite virtuelle leur permet vraiment d’augmenter leur efficacité. Le nombre d’interactions avec nos outils de visite à distance a, par exemple, augmenté de 2750 %.

Les propriétés se vendent cinq fois plus vite, soit un délai de vente raccourci de 21 jours en moyenne.

Les solutions de dématérialisation sont de plus en plus présentes. Se dirige-t-on vers une transaction totalement dématérialisée? 

On voit en effet une évolution du processus de commercialisation, qui se dirige de plus en plus vers une approche digitale. L’origine de cette évolution vient selon moi du besoin de qualifier l’intention d’achat d’un client avant de passer à l’achat physique en lui-même.

Si on prend le cas de la visite virtuelle, l’idée est véritablement de qualifier son client dès la première visite et de découvrir ses besoins et attentes. Il ne faut aussi pas oublier que, par exemple, pour l’achat d’une résidence principale, c’est via la visite physique que le client s’imprègne véritablement du bien et de son environnement. C’est là qu’il peut avoir ce qu’on appelle un « coup de cœur ».

D’après moi, la transaction ne sera donc jamais totalement dématérialisée. C’est vrai que certaines parties du parcours d’achat vont se dématérialiser, mais pas toutes. Pour moi, seules celles permettant d’enrichir l’expérience client auront tendance à être dématérialisées.

Nodalview a récemment levé des fonds. Doit-on s’attendre à de nouvelles fonctionnalités?

Oui, tout à fait. Nous sommes heureux d’annoncer la compatibilité de Nodalview avec les caméras 360 comme les RICOH THETA. Cela signifie que la technologie Nodalview est désormais disponible sur ce type de caméra. Autre nouveauté : la fonctionnalité vidéo sur notre outil de visite virtuelle guidée. Les agents immobiliers vont maintenant pouvoir présenter leurs biens en direct et à distance tout en étant visibles par webcam. Un Zoom de l’immobilier, en quelque sorte.

Nous travaillons au quotidien à l’amélioration de nos services et de notre offre pour proposer les outils les plus pertinents aux agents immobiliers. D’autres nouveautés sont d’ailleurs en phase de test et je suis confiant sur le fait que nous pourrons annoncer celles-ci dans les mois qui viennent.

Les agents immobiliers vont maintenant pouvoir présenter leurs biens en direct et à distance tout en étant visibles par webcam. Un Zoom de l’immobilier, en quelque sorte.

À l’issue de cette interview, force est de constater que la visite virtuelle s’est fortement installée dans le paysage immobilier. Bien que son recours ait été forcé par précaution sanitaire, ce type de visite tend à s’installer plus amplement et de façon durable selon les experts de Nodalview. Cependant, la visite virtuelle constitue seulement une première étape : celle de qualifier des prospects acheteurs. En ce sens, et selon les dires de nos interlocuteurs, la visite virtuelle n’a ni vocation et ni la capacité de remplacer la visite physique.

Cet article concerne Nodalview (Photographie immobilière, Visites 3D).

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Arnaud Hamzaoui

Article rédigé par Arnaud Hamzaoui

L'un des anciens chez Immobilier 2.0, on l'a formé sur les bancs de l'école! Arnaud est responsable de la section Actualités et veille sectorielle. C'est lui qui déniche les dernières news de l'industrie immobilière et qui les compile. Il s'occupe aussi de la rédaction d'a ... Lire la suite