Nous nous intéressons aujourd’hui aux deux start-ups qui ont remporté les concours qui se déroulaient durant l’édition 2016 du salon RENT. La première se nomme Homeloop et a remporté le concours « start-up RENT », un concours qui, on le rappelle, récompense la start-up la plus prometteuse pour le jury du salon. La seconde start-up, Solen, a convaincu le jury des trophées de la FF2I avec ses certificats de luminosité. Les trophées de la FF2I ont, quant à eux, pour objectif de mettre en avant les meilleures innovations du secteur. Deux start-ups aux propositions radicalement différentes, mais qui utilisent toutes deux de façon novatrice les nouvelles technologies pour transformer l’immobilier. On passe à la loupe le concept et les ambitions de ces deux entreprises. 

Homeloop : la data au service de la vente immobilière

Le pitch de Homeloop

Homeloop est une start-up qui fait la promesse aux vendeurs que leur bien sera vendu, au prix du marché, en 90 jours. En pratique, Homeloop permet aux vendeurs d’obtenir une estimation du prix de leur bien en quelques clics. Si celui-ci répond à certains critères d’éligibilité, la start-up va ensuite garantir une vente en 90 jours maximum. Si besoin, passé ce délai, l’entreprise acquiert la propriété pour la vendre plus tard. Une méthode qui nous rappelle celle d’Opendoor. 

Homeloop a développé son propre algorithme afin d’établir les prix des propriétés. Celui-ci prend en compte des données liées au big data et au marché immobilier comme l’attractivité de la zone, le taux de criminalité ou encore la qualité de l’air. Pour estimer ses délais, Homeloop se base sur un modèle de gestion des risques, qui prend en compte le nombre de biens comparables à vendre et le temps écoulé depuis la mise en vente.

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Entretien avec le fondateur

Nous sommes allés discuter avec Aurélien Gouttefarde pour qu’il nous explique plus en détail le fonctionnement d’Homeloop et les ambitions de l’entreprise pour l’avenir.

Comment lance-t-on une start-up basée sur un modèle américain sur le marché français? 

L’entrepreneur a quitté son emploi dans le monde de la finance l’année dernière pour aller vers l’immobilier, un secteur pour lequel il a toujours eu de l’intérêt. Ces premiers mois dans le secteur de l’immobilier, il les a passés à observer le marché américain et est notamment tombé sous le charme du modèle de la start-up Opendoor. 

Aurélien rejoint ensuite la start-up Studio des fondateurs de PriceMatch (une entreprise spécialisée en yield management, rachetée par Booking). Pour lui, l’intérêt de cette structure réside dans sa capacité à lui fournir deux éléments : de l’argent et la technologie. S’en suit le développement du fameux algorithme de pricing, une des pierres angulaires du modèle d’Homeloop.

« Proof of concept » et adaptation au marché français

La société réalise ensuite une première opération en rachetant et rénovant un logement, l’objectif étant de valider la pertinence de l’algorithme. Cette première propriété sera vendue par Homeloop en une seule journée.    

Le fondateur nous explique que, par rapport à Opendoor, Homeloop a fait le choix de ne pas acheter directement les propriétés. L’entreprise met celles-ci en vente au prix du marché (déterminé grâce à l’algorithme) pendant 90 jours et ensuite, si la propriété n’a pas trouvé d’acquéreur, elle est achetée par Homeloop à un prix garanti fixé à l’avance. Ce choix, Aurélien l’explique par le fait qu’il est impossible pour une entreprise qui achète directement les propriétés d’avoir l’intégralité du marché. Ce choix de 90 jours permet d’exprimer la confiance de l’entreprise en son algorithme, mais aussi de s’ouvrir à un maximum de mandats.   

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Dans quelle phase de son développement se situe Homeloop? 

Aujourd’hui, le concept de Homeloop est validé : la technologie est fonctionnelle et il y a une vraie demande de la part des clients. Cependant, le fondateur ne souhaite pas brûler les étapes : « on a validé le concept et les canaux d’acquisition. Cependant, nous ne sommes pas encore en phase de déploiement fort ». Actuellement, la solution est totalement fonctionnelle. Or, l’entreprise souhaite continuer sa phase de test sur le marché parisien. En effet, la start-up se situe sur un type d’innovations qui demande tout de même beaucoup de structuration et des processus optimisés aux maximum. Dernière ligne droite donc, l’objectif d’Homeloop est de commencer à s’implanter en province dans le courant de l’année 2017. 

Quel avenir pour Homeloop et pour le marché immobilier?

Dans l’avenir, Homeloop aimerait améliorer sa notoriété. Idéalement, l’entreprise souhaite qu’un propriétaire qui cherche à vendre pense à l’entreprise au même titre qu’aujourd’hui il va penser à LeBonCoin, SeLoger, PAP ou l’agence de son quartier. Non pas que la start-up s’imagine en concurrence avec de tels acteurs; elle souhaite plutôt se positionner comme une alternative. Son objectif est d’apporter de nouvelles solutions au marché. Autre évolution prochaine : la refonte du site web et l’amélioration de l’expérience utilisateur sur Homeloop. 

Concernant les tendances que le fondateur surveille, celui-ci en cite deux. Tout d’abord, les usage « pay per use » et la disparition de la propriété. Selon lui, les mentalités évoluent et dans le futur, on aura de plus en plus de clients nomades, qui ne souhaitent pas acquérir un bien, mais en utiliser plusieurs. Selon lui, cette tendance existe; elle va se démocratiser, mais elle deviendra difficilement une norme. Les Français sont attachés aux investissements dans la pierre, les chiffres le montrent. Cependant, sans devenir la norme, cette mentalité, qui va continuer à se démocratiser, sera dans quelques années une vraie facette du marché à part entière. Cependant, il précise que ce n’est pas une direction qu’il souhaite prendre avec Homeloop, bien au contraire.

S’il doit nous citer une tendance qu’il surveille activement et dont il souhaite intégrer les bénéfices à Homeloop, cela sera l’analyse prédictive. Pour lui, cette technologie est très intéressante, car elle permet de rationaliser les sentiments que l’on peut avoir. Si jusqu’à présent, le coup de cœur était une norme en immobilier, aujourd’hui, on peut s’assurer que ce coup de cœur est un choix intelligent. Qui plus est, l’analyse prédictive offre de nombreuses possibilités en terme d’estimation du marché. Il est désormais possible de savoir vraiment les impacts des évolutions urbanistiques sur les prix du marché. 

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Solen : ajoutez un certificat de luminosité à vos annonces

Le pitch de Solen

Grâce à l’application fournie par Solen, il est possible d’obtenir automatiquement le taux d’ensoleillement d’une propriété à l’aide d’une simple photographie. La simplicité d’utilisation de l’application est un de ces points forts. Techniquement, un agent immobilier n’aura besoin que de son smartphone et de quelques minutes pour apposer sur son annonce un des certificats de luminosité que la start-up propose.

L’entreprise mise sur la notion de bien-être au travail et chez soi. Une problématique de plus en plus présente dans l’immobilier et notamment dans le marketing des propriétés. C’est un nouveau levier de valorisation qui se démocratise de plus en plus. Les prospects veulent des espaces où il fait bon vivre, que leur projet concerne l’immobilier d’entreprise ou d’habitation. Le fondateur de Solen souligne lors de sa présentation que l’ensoleillement est le troisième critère de choix pour les clients.

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Entretien avec le fondateur

Nous nous sommes entretenus avec Clément Henry, le cofondateur de Solen, afin qu’il nous explique la vision de son entreprise, les objectifs à court et moyen termes et qu’il nous donne son avis sur les innovations dans l’immobilier à surveiller. 

L’ambition de Solen 

Solen vise à devenir la norme en ce qui concerne la luminosité d’un bien immobilier, un objectif que l’entreprise compte atteindre, notamment en misant sur son indépendance. Pour le fondateur de la start-up, une certification de ce type doit émaner d’un acteur externe pour convaincre les clients. Si pour l’instant, le sujet de la luminosité n’est pas vraiment encadré, le fondateur souhaite faire bouger les choses.

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À quelle phase de développement en est Solen? 

L’entreprise a déjà conclu un contrat avec le promoteur Bouygues, qui souhaite enrichir ses programmes neufs de cette certification de luminosité. Le service est actuellement en phase de développement commercial auprès des agences immobilières. Pour l’instant, la cible principale de Solen, c’est l’immobilier résidentiel. Cependant, la structure a conscience que son service peut également séduire l’immobilier d’entreprise. En ce qui concerne la tarification, l’entreprise distribue ses certificats à l’unité pour l’instant (29 € pièce), mais travaille déjà sur une méthode SaaS qui devrait lui permettre de proposer un abonnement mensuel illimité entre 100 et 150 €. 

L’avenir de Solen et les tendances du marché immobilier à surveiller

Côté avenir, Clément Henry pense que le marché immobilier va continuer à s’approprier des technologies telles que la réalité virtuelle. Pour lui, c’est le prochain grand changement. Il explique d’ailleurs que dans le futur, Solen va devoir intégrer ces innovations. Peut-être par la mise en place d’une « certification VR » qui permet de visualiser la luminosité au cours de la journée dans une reproduction virtuelle de la propriété. 

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Test de l’application

Après avoir téléchargé l’application et s’être inscrit au service de Solen, on peut commencer la création de son premier certificat. Les 4 premières étapes sont dédiées à la prise d’informations concernant le logement : adresse, typologie de bien, étage et nombre de pièces sont à renseigner. 

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On passe ensuite à la création du certificat. Celui-ci est modulable, il est possible d’ajouter à la volée des pièces. Chaque pièce a sa propre « page » sur l’application et la présentation nous rappelle quelque peu les applications d’états des lieux dématérialisés. Pour chaque pièce, on nous demande la superficie ainsi que le nombre de fenêtres. Ce sont justement les fenêtres qui vont être l’objet des manipulations des prochaines étapes. 

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En effet, l’application demande à l’agent de prendre en photographie les fenêtres. L’agent se positionne ensuite à la fenêtre : un rond blanc est apparu sur l’écran, il faut le superposer aux points bleus qui apparaissent également à l’écran. L’opération est à répéter pour chaque fenêtre dans chaque pièce. On valide, on règle et il ne reste plus qu’à lancer l’analyse et l’édition du certificat.

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Ce que l’on peut retenir des start-ups qui ont remporté les prix du RENT 2016

Maintenant que nous avons passé à la loupe les propositions de ces deux vainqueurs, que devons-nous en retenir? Quelles sont les tendances que l’on peut voir émerger si l’on se concentre sur ces deux start-ups? 

Certifications virtuelles et impact réel

Tout d’abord, on peut parler de l’évolution des certifications numériques et leur capacité à prendre de la valeur pour les clients. Il y a encore quelques années, les internautes doutaient beaucoup des avis et des certifications que l’on pouvait voir sur Internet. Cependant, avec le temps, les choses se sont stabilisées, notamment grâce à l’explosion des avis en ligne. Aujourd’hui, les clients sont prêts à accorder de la valeur à ces éléments. Ils savent que ce sont des choses encadrées, même si elles sont virtuelles. 

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Les algorithmes sont-ils les nouvelles rockstars de l’immobilier? 

On peut ensuite parler de l’importance que prennent les algorithmes dans l’immobilier. En effet, Homeloop n’est pas la seule start-up du RENT qui utilise ce type d’outil pour proposer des services innovants. D’autres sociétés comme Pinpo ou QuietRent vont utiliser les datas et leur analyse, mais ne vous inquiétez pas, nous reviendrons là-dessus dans un prochain article. Ce qu’il faut retenir ici, c’est que ces outils prennent de plus en plus de place dans les concepts que les entrepreneurs de l’immobilier imaginent. Une tendance qui va aller en s’accélérant avec l’augmentation de l’ouverture des données publiques. 

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C’est ce qui termine notre présentation des deux start-ups qui ont remporté les concours du RENT : d’un côté Homeloop et sa volonté de fluidifier le processus de vente dans l’immobilier, et d’un autre côté Solen, qui tente d’imposer un nouveau standard. Dans les deux cas, ces entreprises nous proposent de nouvelles approches de l’immobilier grâce aux technologies, en proposant toutes deux des expériences qui se basent sur l’instantanéité et l’analyse de données. Nous sommes actuellement en train de préparer en complément un deuxième article plus large sur les start-ups du RENT, afin de vous offrir un peu plus de visibilité sur les jeunes pousses qui peuplaient le salon cette année. En attendant, n’hésitez pas à nous laisser vos commentaires sur Solen ou Homeloop. Dites-nous ce que vous pensez de leur concept, de leur vision du marché et ce que vous attendez d’entreprises telles que celles-ci! 

à propos

Vincent Lecamus

Article rédigé par Vincent Lecamus

Passionné par l'innovation, Vincent est en veille constante pour dénicher les technologies et tendances qui vont impacter le secteur immobilier. Quand Vincent n'est pas occupé sur Immobilier 2.0, il développe de nouveaux projets entrepreneuriaux et coach des startups dans leu ... Lire la suite

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