À l’occasion des Proptech Digital Days, Arnaud s’est intéressé de près aux nouveaux modèles de transaction immobilière. Pour ce faire, il a réuni trois fondateurs de « nouveaux » modèles autour d’une table ronde sur les ondes de Radio-immo : Thomas Venturini, cofondateur de Liberkeys, Nicolas Parisot, cofondateur de Flatlooker, et enfin, Aurélien Gouttefarde, CEO de Homeloop. D’ailleurs, qu’entend Arnaud par « nouveaux modèles »? Quelles sont leurs forces de frappe, mais surtout, représentent-ils une menace pour les agences traditionnelles?

Pour ceux d’entre vous qui souhaitent retrouver la table ronde « Les modèles de l’agence immobilière de demain » en vidéo, c’est possible directement depuis le site des Proptech Digital Days.

Quels sont nos 3 nouveaux modèles en question?

Lorsqu’on parle de « nouveaux modèles », on parle d’entreprises immobilières qui se sont différenciées en ayant digitalisé la transaction grâce à la technologie. C’est ce que représentent ici les 3 startups présentes au cours de cette table ronde. Une présentation de ces marques immobilières s’impose.

Liberkeys

Liberkeys est une agence en ligne lancée en 2018 par Thomas Venturini, venu justement représenter son modèle. Au cours de la table ronde, ce dernier explique que l’ambition de Liberkeys est de « faire de l’immobilier une commodité ». Une ambition rendue possible selon lui grâce à la technologie et à la dématérialisation du métier d’agent immobilier. Ce parti pris permet à l’agence en ligne de proposer des frais fixes à 4990 €. Enfin, le fondateur de Liberkeys ajoute deux éléments différenciants en ce qui concerne son agence en ligne :

  • Côté clients, cette néoagence peut proposer plus de suivi grâce à la dématérialisation des process de la transaction.
  • En interne, les collaborateurs peuvent se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée et sont plus heureux. 

Flatlooker

Flatlooker est une plateforme de gestion locative en ligne. Son cofondateur, Nicolas Parisot, n’hésite pas à la qualifier d’agence immobilière. L’objectif de cette « nouvelle » agence est de simplifier la gestion locative, déléguée à la plateforme Flatlooker. La particularité de cette agence est d’avoir supprimé la visite avant l’entrée dans le bien. On a donc affaire à une plateforme de gestion locative qui génère un engagement en ligne sans visite physique.

Homeloop

L’offre de la startup d’Homeloop est un peu particulière, puisqu’elle propose de racheter des biens avant de réaliser une plue-value sur ces derniers lors de la revente. Pour ceux qui n’auraient pas encore fait le rapprochement, il s’agit d’un iBuyer. Sur quoi repose ce modèle? Là aussi, des process complètement dématérialisés. Notamment au travers de l’estimation en ligne.

La nécessité d’être « scalable » pour instaurer un nouveau modèle

La présentation de ces 3 nouveaux modèles ayant été faite au cours de la table ronde, un autre point retient notre attention. Celui de présenter un business « scalable ». Par scalable, on entend être « mis à l’échelle », c’est-à-dire développer et dupliquer des process. C’est ce qui permet à ces trois acteurs d’être considérés comme de potentiels nouveaux modèles pour les agences immobilières.

La scalabilité grâce à la technologie

Arnaud et ses convives ont abordé la nécessité d’avoir recours à des outils technologiques pour être « scalable ». En effet, la technologie est « facilement » réplicable, contrairement à un savoir-faire propre à une seule personne. Même si on peut arguer, les programmes de formation et les process permettent de scaler le savoir-faire. Cela ne se met pas en place de la même manière ni avec la même simplicité.

Liberkeys et Flatlooker proposent la visite virtuelle. D’ailleurs, pour Flatlooker, c’est le seul moyen de visiter une propriété. Ce qui, forcément, permet d’économiser en termes de ressources humaines et de se déployer plus rapidement sur un nouveau territoire.

Nicolas Parisot ajoute avoir développé pour Flatlooker la signature électronique ainsi que des API de paiement. Encore un élément qui permet de fluidifier la location, mais surtout, de la dématérialiser et donc, de réduire les besoins humains sur le terrain.

Du côté de Homeloop, Aurélien Gouttefarde met en avant le développement d’algorithmes et l’exploitation de la data immobilière pour réaliser des estimations en ligne. Ce qui vient, une fois de plus, faciliter le déploiement de la solution sur de nouveaux territoires. Du moins, du moment que les algorithmes ont été correctement nourris avec assez de data. Selon le fondateur de l’iBuyer français, cette intelligence artificielle a sa place dans l’immobilier.

Les acteurs nous présentent également d’autres outils technologiques, comme une plateforme des suivis de transaction ou un outil de prise de rendez-vous en ligne pour les acheteurs.

Des nouveaux modèles qui s’avèrent être des agences immobilières avant tout

C’est un point sur lequel revient souvent Arnaud et qui a été chaque fois confirmé par les fondateurs interviewés. Nos 3 nouveaux modèles sont des agences immobilières, ils confirment même avoir la carte T, et il est important que cela soit soulevé par les 3 convives. Pourquoi? Parce que cela prouve que la technologie est nécessaire au métier d’agent immobilier.

À ce sujet, Thomas Venturini explique que la technologie permet de « se concentrer à nouveau sur le métier d’agent », car il peut valoriser son expertise à forte valeur ajoutée. À savoir : la prospection et la relation client. Ces nouveaux modèles peuvent donc servir de modèle aux agences immobilières traditionnelles.

Les agents immobiliers traditionnels ont bel et bien leur place dans ces modèles-là

C’est la suite logique de notre partie précédente. La scalabilité de ces modèles ne met pas en danger les agents immobiliers. Au contraire, les agences en ligne peuvent être vues comme une opportunité pour les professionnels du secteur.

Aurélien Gouttefarde n’hésite pas à citer l’exemple de l’iBuyer américain Opendoor. En effet, la startup a proposé à des agences immobilières partenaires de sortir les mandats achetés par ses iBuyers. Il est tout à fait possible de dupliquer cette offre en France, comme le fait Homeloop. Du côté de l’agence immobilière en ligne Liberkeys, Thomas Venturini explique que la technologie et les process mis en place favorisent la formation et la prise de fonction des agents. Et d’ajouter que, grâce à un onboarding plus simple, la startup a pu former les collaborateurs sur le terrain.

Enfin, en ce qui concerne Flatlooker, Nicolas Parisot renchérit sur l’importance de l’agent immobilier dans ces nouveaux modèles : « on ne peut pas totalement déshumaniser ». La dimension humaine est obligatoire. Pour le cofondateur de la plateforme de gestion locative, il faut bien savoir placer la technologie pour justement valoriser l’humain. En ce qui concerne Flatlooker,  la valeur de l’agent immobilier dans la location est de superviser la 1re visite en s’assurant que tout est en norme. Toutefois, des missions comme la rédaction de bails peuvent être déléguées par des outils technologiques. 

Ces nouveaux modèles représentent donc des solutions supplémentaires pour le marché de l’immobilier. Et, comme nous venons de le voir, la réciproque s’applique.

Des nouveaux modèles qui peuvent rendre les agences immobilières plus fortes et plus résilientes

La table ronde touche à sa fin et il est temps pour nos 3 néoagences de conclure. Les fondateurs interrogés insistent à nouveau sur le fait que les agences traditionnelles n’ont pas de raison de se sentir menacées. Pour Nicolas Parisot (Flatlooker), les agences en ligne ayant recours à la technologie rendent le marché immobilier plus résilient. Preuve en a été lors du confinement, où les agences qui ont dématérialisé leurs process ont pu poursuivre leurs activités et rebondir.

Aurélien Gouttefarde valorise ces nouveaux modèles en expliquant qu’ils peuvent contribuer à décloisonner le marché immobilier et à créer des opportunités. Enfin, Thomas Venturini revient justement sur la résilience des agences immobilières pendant la crise, allant jusqu’à les féliciter pour leur travail et la proximité qu’ils ont su maintenir auprès de leurs prospects et de leurs clients. À cet égard, le fondateur de l’agence en ligne (Liberkeys) conclut que les « agents immobiliers sont des confrères ».

C’est la fin de notre table ronde, rythmée par notre expert Arnaud. Au-delà de vous avoir présenté de nouveaux modèles, on espère que cet échange vous a inspiré et rassuré en ces temps un peu troubles. Ajoutons que cette conférence s’inscrit justement dans cet esprit, puisqu’il est question de vous aider à innover et à trouver un modèle immobilier plus pérenne.

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Florian Mas

Article rédigé par Florian Mas

Le marketing et la communication immobilière n'ont plus de secrets pour Florian. Sa vision est simple, le succès de votre entreprise immobilière ne tient qu’à une chose : une bonne stratégie de génération de prospects vendeurs et acheteurs pour alimenter une base de donn ... Lire la suite