À l’occasion des Proptech Digital Days, Arnaud s’est rapproché du CEO de MeilleursAgents, Thibault Remy, pour rebondir sur le premier Observatoire de la Proptech. Un panorama qui rebondit sur les attentes des professionnels de l’immobilier et de leurs clients. Aux côtés de Stéphane Scarella, les 3 intervenants de cette conférence ont rebondi sur les données de cet observatoire et apporté des réponses concrètes à ces attentes. Dans cet article, on a relevé 5 apprentissages essentiels à retenir de cette conférence. 

1- La transaction 100 % digitale n’est pas pour tout de suite

Selon MeilleursAgents, près d’un particulier sur deux déclare utiliser davantage le digital pour son projet immobilier. Cependant, cela ne veut pas dire qu’il faut s’attendre au tout digital.

Les outils digitaux sont avant tout un support pour les agents immobiliers. Que cela soit un service d’estimation en ligne, de visites virtuelles ou de signature électronique. Ils leur permettent avant tout d’accélérer les process d’une transaction.

De plus, selon Thibault Remy (MeilleursAgents), « les clients plébiscitent les agents immobiliers, car le poids du relationnel est très fort. » En somme, l’agent immobilier valide ou rectifie l’expertise de la technologie. 

Il faut néanmoins s’attendre à un renforcement de la digitalisation. 88 % des agents immobiliers pensent que la prospection va davantage se digitaliser et 81 % estiment que les visites de bien se feront via des outils digitaux. 

2- Outils et services numériques doivent s’intégrer de manière agile aux process de l’agence immobilière 

Lorsqu’on intègre des outils et des services à son expérience client, il faut le faire de manière agile. C’est-à-dire qu’il faut être capable de réagir rapidement et de modifier cette intégration. Pendant la conférence, c’est l’exemple de la visite virtuelle qui est cité pour illustrer ceci, mais cela peut s’appliquer à de nombreux autres outils.

L’exemple cité est le suivant : « J’ai un agent immobilier qui générait 40 contacts par annonce auparavant. Depuis qu’il a mis en place la visite virtuelle sur ses annonces, il n’en génère plus que 7. Des contacts qualifiés, certes, mais quid des 33 autres qu’ils pouvaient intégrer à sa base de données et retravailler. »

Ce qu’on retient des conseils des intervenants, c’est, dans ces cas-là, de déplacer le moment où le prospect interagit avec le service lors du parcours client. Dans le cas de la visite virtuelle par exemple, le conseil serait d’enlever la visite de l’annonce directement et de l’envoyer une fois le premier contact établi.

C’est une réflexion à mener sur l’ensemble des services et outils que vous intégrez : comment cet outil peut-il m’apporter le maximum en termes d’expérience client, sans impacter les autres aspects de mon business?

3- Les iBuyers ne constituent pas une menace pour les agents immobiliers

Les iBuyers, ces acteurs qui doivent depuis quelques années complètement disrupter le marché immobilier, ne seraient au final pas si effrayants que ça. En effet, l’étude de MeilleursAgents rappelle une notoriété à 19 %, et surtout, une crainte non existante chez les professionnels.

« Aux États-Unis, les iBuyers représentent 0,5 % du marché immobilier », indique notre rédacteur en chef. Une statistique bien faible quand on se dit que le PAP représente 35 % du marché en France. Avant de préciser que ces acteurs, au final, ne sont pas dans la désintermédiation, au contraire. En effet, « la plupart d’entre eux, comme Casavo en Italie, ont recours à des pros de l’immobilier pour sortir les mandats rentrés ».

Pour l’instant, on ne peut pas tirer de conclusion sur ces acteurs de la Proptech. En effet, ils sont encore jeunes et leur modèle d’affaires doit encore faire ses preuves. Cependant on peut remarquer que l’iBuyer français Homeloop a su gérer la crise sanitaire et s’est même étendu à de nouveaux territoires pendant celle-ci. Une preuve que le modèle peut résister aux aléas.

4- Prospection en ligne : demain, les algorithmes pourront identifier les acheteurs et les vendeurs

La prospection en ligne s’est largement développée depuis la crise sanitaire. Des campagnes mailing aux publicités sur les réseaux sociaux en passant par les publicités Google Ads, une majorité de professionnels de l’immobilier s’est tournée vers ces solutions.

Toutefois, la prospection en ligne va encore évoluer et devenir plus innovante.  D’après MeilleursAgents, « 72 % des professionnels de l’immobilier envisagent les algorithmes comme solution d’identification des acheteurs et des vendeurs. Ils considèrent également les algorithmes prédictifs pour identifier acheteurs et vendeurs ».

Avec l’Observatoire de la Proptech, on constate donc que les professionnels de l’immobilier n’identifient pas la technologie comme une menace, mais comme une opportunité. L’identification des leads est en effet une des promesses des algorithmes prédictifs et c’est d’ailleurs un axe de travail des portails immobiliers, qui sont, rappelons-le, les acteurs avec certainement le plus de données, et donc les plus à même de proposer ce type de service (de surcroît, cela s’intègre à leur modèle d’affaires).

5- L’agence de demain ne sera plus le même lieu d’accueil

La crise sanitaire a complètement remis en question la place de l’agence immobilière. On signe à distance, on fait des rendez-vous à distance… et pour les clients, le déplacement en agence devient de moins en moins primordial. « 35 % des particuliers anticipent une diminution des visites en agences », selon Thibault Remy.

De surcroît, l’observatoire mis en place par MeilleursAgents met en exergue la volonté d’avoir des espaces clients connectés et des outils pour gérer la transaction en distanciel (malgré le fait qu’on ait vu que ces mêmes clients ne sont pas pour une transaction 100 % dématérialisée).

L’agence de demain pourrait davantage devenir un espace de collaboration avec d’autres professions liées à l’immobilier. Au sein de l’agence de demain on pourrait à la fois rencontrer un agent, un conseiller en crédit bancaire, un notaire, etc. Une transformation qu’on peut d’ores et déjà observer chez certains acteurs tels que Keller Williams ou Keymex.

À l’issue de cette conférence, on retiendra que les professionnels de l’immobilier et les particuliers souhaitent renforcer la digitalisation des services immobiliers. Mais la digitalisation n’est pas une fin en soi. La grande leçon de cette conférence est que l’agent et l’agence de demain ne seront plus les mêmes. 

Cet article concerne MeilleursAgents (Estimation immobilière, Avis clients immobiliers, Portails immobiliers).

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Vincent Lecamus

Article rédigé par Vincent Lecamus

Passionné par l'innovation, Vincent est en veille constante pour dénicher les technologies et tendances qui vont impacter le secteur immobilier. Quand Vincent n'est pas occupé comme journaliste sur Immobilier 2.0, il développe de nouveaux projets entrepreneuriaux et coach des ... Lire la suite

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