Le mois d’Octobre a débuté très fort. Une recrue d’essence de news et d’études sur l’innovation, les nouvelles technologies et heureusement sur les habitudes de consommateurs. Tout ceci surement en partie à cause du RENT, ou grâce.. En effet, tout le monde a décidé de faire ses grosses annonces lors de cet évènement. Et dans le même temps, mi Octobre, la Proptech se rendait compte que plus de 2,7 milliards d’euros avait été levé en moins d’un mois. Une première ! Et ce sans compter les startups françaises, qui pourtant ne sont pas en reste. Tout cela a des implications, mais aussi des explications. Et puis des conséquences : les acteurs traditionnels ont décidé d’investir massivement dans la technologie. Bref, beaucoup de choses à voir dans cet édito d’Automne.

Disruption, Intelligence Artificielle et Blockchain.

Revenons d’abord sur les évènements d’Octobre, le RENT et le Smart Home Dating. Comme chaque fois, ces évènements sont bien organisés (et j’espère d’ailleurs que vous avez pu profité de nos offres pour ces salons). Il est intéressant de voir l’engouement grandissant des professionnels de toute sorte pour ces rendez-vous autour de l’innovation et de la new tech.

Toutefois, certains concepts sont revenus beaucoup lors de ces events : la disruption, l’intelligence artificielle et la blockchain. Pour disruption, c’est surement que le mot « uberisation » est passé de mode. Pour le reste, c’est selon moi encore des « tartes à la crème », des mots valises, des expressions qui cachent la forêt et qui font couler de l’encre. Et ils sont beaucoup utiliser par les entreprises techs, par les journalistes et par les conseillers marketing. Nous les premiers. Mais il est important de comprendre ce qu’il ya derrière et ce qu’il existe réellement aujourd’hui. On a de nombreux articles qui aborde ces sujets : ici, iciici et par exemple.

Quand on discute avec notre lectorat, vous, on voit que vous n’êtes pas dupes. Les pros de l’immobilier ont compris l’intérêt de la technologie, ont passé du temps à se poser les bonnes questions. Et veulent maintenant intégrer cette techno dans leur process, pour que ça ait une valeur ajoutée. Et c’est là le but, ne pas acheter de la techno pour de la techno, mais investir pour améliorer l’expérience client, sa performance et sa productivité.

Et c’est d’ailleurs ce que font de plus en plus de startups. Prenons l’exemple de la gestion locative.

La gestion locative se digitalise.

L’administration de bien est un métier complexe et parfois chronophage. Il était encore, il y a deux ans, très peu visé par les startups. Et du jour au lendemain, tout a changé. D’abord positionné sur sur un bout de la chaine de valeur – validation des dossiers, visite virtuelle des biens, outils d’état des lieux – est arrivée l’heure des entreprises qui veulent faire tout le bouleau de gestion. Et le fait est qu’elle le font plutôt bien. En France, Homepilot, FlatLooker et l’Agence Blue sont devenus des gestionnaires locatifs nouvelle génération. Enfin, seulement les deux dernières le sont devenus. Car, au départ, elles ne faisaient qu’une partie du travail (validation des dossiers pour l’agence Blue et visite des biens en 3D pour Flatlooker). Et les deux premières ont levés des fonds il y a peu : FlatLooker 1,5 millions et Homepilot 600 000 euros. Ça reste des sommes « à la française », mais ce qui est intéressant, c’est qu’elles ont d’abord fait du business avant de lever, et ont déjà de nombreux clients satisfaits. Le train est en marche.

Dans le même temps, on voit des startups qui se spécialisent dans la partie transactionnel de la location : trouver des locataires et réduire la vacance. Keyzimmo assure pouvoir trouver un locataire en moins de 3 jours, là où la moyenne est à 15. Et puis, la garantie locative fait son chemin aussi. Unkle a gagner la startup RENT, quand GarantMe lève 800 000 euros et que Cautioneo passe sur BFM.

Bref, il se passe des choses du côté de la gestion locative et je pense que ce ne sont que les prémisses de bouleversement plus important. A vous de vous adapter et de proposer des expériences innovantes ou tout simplement optimale en vous inspirant de ce qui se fait ailleurs 😉

En parlant de bouleversement, j’ai l’impression qu’un nouveau tsunami vient du Japon.

SoftBank va-t-il dominer l’immobilier?

En ce moment, la tension est à son comble autour de la question : « Est-ce que SoftBank va investir 10 ou 15 milliards de plus dans WeWork? ». L’avenir ne va pas tarder à nous répondre. Mais 15 milliards !! La stratégie de SoftBank dans tous les domaines est clairement d’investir dans des entreprises qui sont capables de prendre un marché pour supplanter la concurrence. Le seul objectif est le monopole. Et la visée est mondiale. Dans le transport avec Uber, les processeurs avec Nvidia, l’assurance avec Limonade… SoftBank a même annoncé qu’ils souhaitaient investir 880 milliards dans la tech d’ici les 10 prochaines années. Et l’immobilier est un des secteurs particulièrement visé !

Bien entendu, le point de départ est WeWork et le coworking, qui pourrait rapporter 123 milliards d’euros à la France d’ici 2030. On comprend donc l’engouement et le besoin d’investissement ; Knotel a pour sa part levé 60 millions pour concurrencer le leader surfinancé. Mais SoftBank a d’autres cibles dans l’immobilier. Et ils se positionnent sur le marché des agents immobiliers. Ils ont investit 400 millions dans OpenDoor et, comme ils aiment ce chiffre j’imagine, 400 millions dans Compass. Rien que ça.

Compass est un concurrent des brokers, les agents immobiliers traditionnels aux Etats-Unis. C’est surement pour cette raison que Keller Williams, le leader en Amérique, qui est récemment arrivé en France, a annoncé la création d’un fond de 1 milliard pour développer ses outils technologiques. La course peut commencer. Pendant ce temps là, Compass a annoncé qu’ils lançaient un service de conciergerie pour toujours proposer plus de service. Un autre manière de se différencier et d’améliorer l’expérience client.

OpenDoor aussi bosse continuellement sur l’expérience client. Ils s’agit d’un ibuyer, surement le 1er, et il a inventé une nouvelle manière de vendre un bien dans l’ancien, en enlevant toutes les frictions. Depuis, de nombreux concurrents se sont lancés sur ce créneau du ibuying, et notamment Zillow, qui vient d’ailleurs de lancer un partenariat avec un réseau de broker canadien, qui lui permet de s’étendre au delà de ses frontières et annonce une arrivé imminente chez nos amis québécois. Affaire à suivre.

Enfin, un dernier mouvement de la part d’OpenDoor qui est fort de sens, c’est l’annonce d’un partenariat avec des équipes d’agent immobilier pour la revente de leur bien. Impossible de se passer des agents immobiliers? Ou tout simplement pas envie de se prendre la tête sur la partie revente, vu qu’il font le plus dur : entrer du mandat ?

Ces deux acteurs, trois avec WeWork, sont en train de devenir petit à petit leader sur les marchés qu’ils attaquent. Et à une vitesse jamais vu auparavant dans ce secteur. Et, si ça va mal, si un concurrent devient trop sérieux, SoftBank a le chéquier. La question de domination du modèle mondiale dans l’immobilier résidentiel, quand on contrôle les acteurs les plus innovant de la transaction, est une question légitime. Et SoftBank s’est positionné, fort.

Mais, avant que le mot « Taxi » disparaisse du dictionnaire, remplacé par « Uber », il reste de nombreux défis sur l’aspect immobilier. Proposer un modèle qui fonctionne sur un type de bien, dans un type de quartier, sur une clientèle précise, c’est déjà puissant. Réussir à le dupliquer sur les villes qui ont le même type de clientèle est déjà plus compliqué. Open Door passe plus d’un an pour chaque nouvelle ville et sur certaines comme Las Vegas, il n’y arrive pas aussi bien que prévu. Compass copie un modèle existant en améliorant les outils, les services et l’accompagnement. Mais la concurrence est rude. Et sur chaque territoire. L’immobilier reste un métier de terrain, local. Et il est très éclaté. Réussir à prendre le monopole n’est pas aussi simple que cela. Quand on vise un marché national, on délaisse forcément de nombreux marchés locaux. Alors s’ils visent un marché mondial…

Et ce qui compliquera encore plus leur approche, c’est le fait que les pros de l’immobilier commence à innover, à penser processus et expérience client ! Et quand on regarde les chiffres, on voit que pour le moment l’agent immobilier reste indispensable.

Softbank Investissements Immobilier

Des chiffres pour finir

35 % des gens font plus souvent appel à des experts lorsqu’ils ont un projet qu’il y a 5 ans (vs 17 % qui font moins souvent appel à un expert)Click to Tweet

Retrouvez l’étude complète

22 % des répondants attendent de maîtriser les différentes étapes du processus de vente avant de se lancer.Click to Tweet Retrouvez l’étude complète

Pour déterminer un prix de vente, la principale source d’information consultées par un vendeur est un agent immobilier (51%) devant l’estimation en ligne (44%)Click to Tweet Retrouvez l’étude complète

Des chiffres qui sont rassurants pour les pros de l’immobilier qui doivent continuer à se remettre en question sans cesse ! Et c’est d’ailleurs pour cela qu’on était hier à Marseille, à Lyon et bientôt à Bordeaux pour le tour de France des petits déjeuners de l’immobilier !

à propos

Vincent Lecamus

Article rédigé par Vincent Lecamus

Passionné par l'innovation, Vincent est en veille constante pour dénicher les technologies et tendances qui vont impacter le secteur immobilier. Quand Vincent n'est pas occupé sur Immobilier 2.0, il développe de nouveaux projets entrepreneuriaux et coach des startups dans leu ... Lire la suite